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Editorial concernant les expérimentations sur les animaux

Les expérimentations sur les animaux sont des méthodes d’enquête autorisées par l’Etat. La Constitution fédérale stipule à l’art. 80 sur la protection des animaux: „1. 1. La Confédération légifère sur la protection des animaux. 2. Elle règle en particulier: b. l’expérimentation animale et les atteintes à l’intégrité d’animaux vivants.

On y chercherait vainement toute explication ou justification des raisons pour lesquelles l’être humain voire le chercheur pense être en droit de faire subir aux animaux des souffrances et lésions, de leur infliger des peurs ou de mépriser d’une autre manière leur dignité et de les tuer. Cela indique une „moralité de dominateur“ qui tend à considérer les animaux comme inférieurs aux êtres humains.

Les Académies suisses des sciences médicales et des sciences naturelles sont de l’avis que „l’être humain est capable d’assumer la responsabilité de ses actes en raison de sa capacité de réfléchir et de tirer des conclusions“. Si l’on poussait cette logique au bout, les chimpanzés seraient autorisés à effectuer des expérimentations sur les êtres humains. La primatologue Jane Goodall a en effet découvert que deux heures avant de prendre leur repas, les chimpanzés «réfléchissent» quelle nourriture ils vont absorber. S’ils arrivent à la «conclusion» qu’ils souhaitent manger des fourmis, ils cherchent pour commencer de longs bâtons pour fouiller dans les fourmilières. Le raisonnement et la logique ne sont donc pas des capacités réservées à l’être humain, contrairement à ce que l’on l’affirme si souvent.

En réalité, la situation est la suivante. Lorsque des expérimentations sur des animaux en vue du développement de certaines substances sont concluantes, elles sont à 50% négatives sur l’être humain. Pour moi, l’expérimentation animale pour le bien de l’être humain est par conséquent inutile. Les expérimentations pour le bien des animaux sont en revanche nécessaires et justifiées, notamment lorsqu’il s’agit de tester un médicament directement sur l’animal auquel il est destiné. Dans notre canton, tel est le cas pour la moitié des expérimentations animales environ.
L’exemple de „l’aspirine“, qui a été introduite sur le marché il y a 70 ans sans nécessiter aucune expérimentation animale, montre bien que l’on pourrait parfaitement se passer de celle-ci.

Que fait le protecteur des animaux lors de ces expérimentations animales?
La Loi sur la protection des animaux (LPA art. 34) oblige les cantons à mandater une commission indépendante pour les expérimentations animales dans laquelle les organisations de protection des animaux sont représentées de manière adéquate. Malheureusement, les membres ne peuvent en cas de demandes correctement remplies qu’exceptionnellement s’y opposer en cas de contraventions manifestes à la législation, réduire le nombre des animaux sacrifiés ou édicter des prescriptions. La commission a ce mandat, mais malheureusement ne dispose guère des moyens pour l’appliquer.
Après 10 années passées dans cette commission, la seule lueur d’espoir à l’horizon est celle-ci : un professeur réduit l’expérimentation animale et cherche à effectuer directement des essais sur les humains.
Un reproche que l’on fait souvent aux protecteurs des animaux est de réagir et d’argumenter de manière „émotionnelle “, ce qui est en partie vrai, car les douleurs, la souffrance et la peur ne peuvent pas être mesurées objectivement. Mais si vous lisez les rapports sur les essais effectués sur des chiens du médecin allemand et poète Albrecht von Haller récemment honoré, vous allez constater qu’ils sont tellement cruels que les émotions deviennent objectivement mesurables (fréquence cardiaque, haute pression sanguine voire vomissements). L’émotion n’est certes pas le seul critère d’évaluation, mais elle est un critère légitime sinon, d’autres émotions n’auraient pas non plus leur justification.

Walter Dieterich
Walter Dieterich
Membre du comité de la SPA Fribourg et
membre de la commission cantonale de la surveillance des expériences sur animaux en tant que défenseur des animaux